Cohome, la plateforme de coworking chez l’habitant arrête son activité

cohome-fermeture


pub

C’est par le biais d’un article destiné à sa communauté sur Facebook, intitulé « Cohome tire sa révérence » que la startup de coworking chez l’habitant a donné le coup d’arrêt à son activité. C’est aussi par ce biais que la rédaction de notre magazine a appris la nouvelle puisque nous avions succombé à la pratique du cohoming il y a plus d’un an maintenant.

On peut dire que la plateforme était promis a un brillant avenir ! Le magazine en ligne 1001 startups avait même publié un article fin 2016 où elle présentait les 40 startups à suivre en 2017 et, Cohome figurait même à la première place !

Inutile de dire que la nouvelle a pour le moins secoué la communauté d’utilisateurs de la plateforme, en témoignent par les nombreux commentaires reçues sur sa page Facebook. Certains proposant même de reprendre le concept en mode associatif ! 

Nous, on avait adhéré totalement à Cohome.  Il nous fallait donc comprendre ce qui avait amené Laura Choisy, Fondatrice de Cohome et son associée Madhu Desbois a tout arrêter. Et c’est avec plaisir que Laura a répondu à nos questions. Voici son interview.

Pourquoi avoir pris la décision de mettre fin à l’aventure Cohome ?

Cohome était le véhicule multicolore d’un rêve autour duquel une belle communauté s’est soudée au fil des mois (et années), mais qui est rattrapé aujourd’hui par une réalité intenable : nous manquons de moyens financiers et d’une équipe mobilisée au quotidien. Au cours des 6 mois qui viennent de s’écouler, nous avons essayé de nombreuses solutions pour pallier ces 2 problèmes et, chacune a échoué. Alors, vient un moment où il devient impératif de dire stop car aujourd’hui nous sommes au bout de nos options.

Le constat est que Cohome n’apporte pas une solution suffisamment utile pour devenir indispensable au plus grand nombre. Pour survivre, Cohome devait grandir vite et obtenir une récurrence d’utilisation importante pour perdurer.

Malheureusement, la réalité en est bien éloignée. Nous avons de nouveaux cohomeurs chaque jour (la communauté compte 8000 cohomeurs) mais un nombre trop infime franchi le cap du 1er cohoming (500 cohomeurs seulement ont testé le service), et la récurrence n’est pas suffisamment élevée (2 cohoming par mois maximum en moyenne) pour nous permettre de nous projeter. Il est désormais limpide, après 2 ans d’effort, que Cohome ne peut survivre plus longtemps dans ces conditions.

Tu avais entamé en début d’année une démarche de levée de fonds. Quels sont tes retours d’expériences en tant que jeunes entrepreneures là-dessus ?

Notre levée de fonds a duré 6 mois et nous avons été accompagné par un leveur de fonds professionnels. Afin d’assurer l’efficacité de la levée, Madhu Desbois mon associée s’est focalisée à temps plein sur ce sujet. Il faut savoir qu’une levée de fonds est extrêmement prenante, même lorsque vous êtes déjà bien calé côté finance. Il faut trouver les contacts des business angels et fonds d’investissements, prendre rendez-vous, puis pitcher, et bien avant cela préparer le fameux pitch deck qui vous permettra de faire une présentation enthousiasmante pour enchaîner sur un deuxième rendez-vous.
Une levée de fonds est un moment éprouvant et vous aurez du mal à tout faire tout seul ou seule.
Par ailleurs, il faut essayer au maximum de vous projeter dans un plan de développement qui ne comprend pas de levée car que ferez-vous si la levée échoue ? Il n’est pas question de se projeter dans l’échec, mais simplement de vous assurer que vous avez bien compris dans quoi vous vous engagez.

Comment annonce t-on cette décision à ces utilisateurs ? Beaucoup d’entre eux ont salué ton travail et manifesté leur tristesse.  Comment on réagit face à ça ?

La décision a été annoncée avec sincérité car c’est comme cela que nous avons toujours voulu être vu par les cohomeurs. Les personnes qui ont suivi l’aventure Cohome depuis le début ont été de vrais moteurs pour alimenter notre persévérance. C’est donc un moment difficile d’annoncer que malgré plus de 2 ans d’effort, il est temps de tourner la page. Les messages de soutiens que nous avons reçu nous ont fait un bien fou : avec Cohome, nous voulions avoir un impact positif sur la vie professionnelle des personnes indépendantes et, à notre niveau, il semble que nous ayons réussi. C’est une vraie fierté d’avoir réussi au moins à accomplir cela !

Cohome ne meurt pas vraiment en définitif. Quel sera la suite de ce que tu as entrepris ces 2 dernières années ? Comment est venue cette idée de business ? Peut-on parler de pivot* ?

Cohome pour le coworking à domicile est vraiment terminée. Nous sommes en transition douce vers une activité de conseil aux entreprises dans l’innovation collaborative, managériale et de recrutement. Nous voulons transmettre aux entreprises toutes les bonnes pratiques que nous avons vu émerger au cours des années passées à travailler sur Cohome. Il ne s’agit pas d’un pivot car Cohome s’arrête réellement. Il s’agit plutôt du lancement d’une activité qui nous permet de continuer à avoir un impact positif sur les travailleurs.

Penses-tu toujours que le coworking chez l’habitant peut devenir une nouvelle façon de travailler qui s’installe sur la durée ? Si oui, comment ?

Nous pensons que le cohoming existe depuis déjà bien longtemps, entre amis, entre connaissances et qu’il continuera d’exister car les professionnels le font naturellement. L’entraide, le partage, le mentoring et la collaboration sont des traits humains que chacun de nous a en lui et Cohome avait pour ambition d’exacerber et fédérer des professionnels qui valorisaient ces qualités. Toutefois, ce n’est pas parce que Cohome tire sa révérence que ces magnifiques qualités vont disparaître. Nous souhaitons une très longue vie à tous ceux qui font en sorte de collaborer à petite et grande échelle !

*terme de startup qui signifie un changement d’orientation de son business en partie ou en totalité.


pub

2 Comments on “Cohome, la plateforme de coworking chez l’habitant arrête son activité”

  1. Dommage, je m’étais inscrit il y à 3 ans le concept était sympa.
    Un bon serveur (rapide) ça va chercher dans les 50 euros/mois, pour 5-10,000 visiteurs/jour reste donc à assurer ce financement via pub? contrib paypal? dons? p les inscrits (1 euro par inscrit par exemple). ça reste jouable tant que ça ne devient pas une société.
    A suivre…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *