« On est pas sur un covoiturage à la BlaBlacar » – Échange avec les dirigeants de Waze France

Waze for AA_FR

La semaine dernière se tenait la Maddy Keynote, l’événement parisien de ce début d’année qu’il ne fallait pas manquer pour découvrir ce que nous réserve le futur. Il a été question de mobilité (auto-partage, covoiturage, véhicule autonome, véhicules électriques) d’habitat (partagé, coliving…), d’intelligence artificielle, d’ultra-connection, etc…

Notre magazine était de la partie et nous  avons saisi l’occasion de ce rendez-vous pour échanger avec Thomas Guignard, Responsable EMOA (Europe Moyen Orient Afrique) et Jérôme Marty, Country Manager de Waze pour la France.

Ils ont accepté de répondre à nos questions pour nous dire (presque) tout de l’application de GPS collaboratif.

– Interview –

Pouvez-vous nous présenter l’histoire de Waze ?

Thomas G. : Waze a été créé par un geek qui s’appelle Ehud qui était à Tel Aviv. Il a fait un constat très simple, c’est qu’il y a des bouchons énormes à Tel Aviv. Paris c’est pas génial mais, c’est encore un autre sujet là-bas. Et donc il utilisait un GPS et il avait envie de communiquer avec ses potes qui étaient 10 minutes devant pour leur dire « comment ça se passe à votre niveau ? ». Impossible à faire avec un GPS classique. Il a contacté les GPS et leur a demandé s’ils étaient open source. Evidemment, il ne l’étaient pas. Il s’est dit ben voilà je vais créer ça. Au début il a créé des cartes, ça s’appelait Open Map et ça consistait à proposer des cartes ouvertes à tous. C’était ça l’idée au départ. Des éditeurs créaient des cartes à partir de rien. Le projet a évolué et c’est devenu petit à petit une application avec une fonction GPS. (…)

Quelle est la part de membres, simples utilisateurs, versus la part d’utilisateurs contributeurs aujourd’hui ?

Jérôme M. : En fait, tout le mondes est contributeur. c’est pour ça qu’on dit qu’on a une communauté de 10 millions d’utilisateurs actifs sur la fin d’année. En France, on est la 6ème app la plus utilisée. Tout le monde est contributeur même si il y a plusieurs niveaux de contribution. Il y a plus de contributeurs passifs. J’ai Waze d’allumer dans ma voiture, je partage ma position GPS, en fonction de la vitesse avec laquelle je me déplace, nous ce qu’on va savoir, c’est que sur tel segment de route, ça roule bien à telle vitesse ou moins bien à telle vitesse. On intègre ses données. Donc de fait, on est tous contributeurs. Après on a ce qu’on appelle les reporters. Ce sont des gens qui interagissent avec la carte et qui vont donner une information : nid de poule, un accident, une route fermée, etc… Enfin, il y a un niveau ninja, ultime de reporter qu’on appelle les éditeurs de cartes qui sont des gens qui vont un peu plus loin, qui ont des droits d’accès un peu plus importants. Ce sont eux qui vont créer des routes, ajouter des segments de route et même travailler avec nous à l’amélioration du produit. Donc là, on a une communauté active de 2 000 personnes qui passent à minima, deux heures par semaine sur l’application et, pour certains beaucoup plus.

Le covoiturage sur Waze, c’est pour quand ?

Thomas G : On est pas capable aujourd’hui de donner une date. Ce n’est pas qu’on veut pas. Mais, on est pas capable.

Jérôme M. : Mais, ça existe déjà.

Thomas G. : Oui, ça existe déjà. On le teste en ce moment. On l’a lancé en Amérique Latine et en Californie il y a un an et on essaye de faire un truc qui marche. C’est super compliqué puisqu’il faut faire matcher un offre et une demande, de façon hyper intelligente. Il y a beaucoup de sujets et pour l’instant j’ai pas l’impression que qui que ce soit dans le monde a trouvé la formule magique.

Jérôme M. : On est sur un covoiturage de proximité. On est pas sur un covoiturage à la BlaBlacar qui est sur les longues distances. Avec le covoiturage qu’on envisage, on reprend un petit peu les bases de Waze et de l’utilisation qu’en font nos usagers, une utilisation de proximité. On a une application très locale puisque les gens l’utilisent à 30 km du domicile. 80 % des trajets sont des trajets domicile. Ce qu’on souhaite faire, c’est du covoiturage de proximité sur ces trajets courts. On met plein de contrainte en plus. On ne veut pas que ça soit un métier, même pour nos usagers. Ça va être par exemple 2 covoiturages maximum par jour. On ne veut pas des usagers qui en fassent un métier déguisé. Ce qu’on envisage nous, ce sont des trajets domicile-travail. On est en train de voir, d’itérer. Aujourd’hui ça fait un an qu’on itère. Si on avait trouvé l’astuce, je pense qu’on l’aurait lancé plus rapidement en France et qu’on l’aurait testé. (…) On ne se repose pas sur nos 10 millions d’utilisateurs. C’est un autre métier, une autre approche.

Des nouveautés prévues dans les prochains mois / années ?

Thomas G. : Oui, il y en a plein ! Au sein de notre app, il y a plein de choses à faire. Waze ce sont des trajets du point de départ au lieu d’arrivée. Donc, on se pose plein de questions : comment on prévoit mieux, comment on rend le trajet plus agréable avec plus d’informations, comment on se gare facilement. Là dedans, on peut trouver 10 000 idées. La dernière qu’on a sorti, c’est pour les 2 roues. Il y a un waze spécifique pour les scooters ou motos. On est les seuls à le faire.

Jérôme M. : Aussi, ce qui est bien c’est de se dire, qu’on a une application qui s’appelle Waze et qui est locale. Si la limitation de vitesse passe à 80 km en France, on va l’updater tout de suite dans notre application. Donc on a cette vocation d’être plus ancré dans le local et puis il y aura quelques innovations qui vont sortir dans les mois qui viennent. On se recontactera !

 


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